Bambou en cloison : avantages et inconvénients à connaître

Le bambou s'impose progressivement dans les projets d'aménagement intérieur. Léger, rapide à poser et visuellement attrayant, il séduit autant pour les cloisons décoratives que pour les séparations de pièces. Avant de l'adopter, mieux vaut connaître ses forces et ses limites réelles.

Le bambou en cloison : un matériau atypique

Le bambou appartient à la famille des graminées, pas des bois. Sa structure interne, composée de fibres de cellulose alignées longitudinalement, lui confère une résistance à la traction de 40 kg/mm², contre seulement 5 kg/mm² pour le bois classique. Cette propriété en fait un candidat sérieux pour les cloisons intérieures.

En usage intérieur, on le trouve sous deux formes principales :

  • Bambou brut : tiges entières ou demi-rondes fixées sur une ossature, pour un effet naturel et artisanal
  • Panneaux lamellés : bambou reconstitué en dalles compressées, plus homogènes et faciles à poser

Les deux formats se travaillent avec des outils de menuiserie classiques. Aucune compétence spécifique n'est requise pour la mise en œuvre.

Quels sont les avantages du bambou pour une cloison ?

Une solidité supérieure au bois

Le bambou résiste mieux aux chocs et aux vibrations que la plupart des essences de bois européennes. Sa légèreté relative simplifie la pose, surtout pour des cloisons non porteuses. Il absorbe également mieux les contraintes mécaniques liées aux variations de température, ce qui le rend adapté aux pièces exposées à des écarts thermiques modérés.

Un bilan écologique globalement positif

Le bambou pousse sans engrais ni pesticides et arrive à maturité en 4 ans seulement (contre 30 à 80 ans pour un chêne). Il fixe jusqu'à 12 tonnes de CO2 par hectare et par an, soit quatre fois plus que des arbres feuillus. Sa culture ne nécessite pas d'irrigation intensive et ses racines profondes participent à l'infiltration de l'eau et à la régénération des sols.

Une esthétique naturelle et polyvalente

La teinte beige chaud du bambou s'intègre facilement dans des intérieurs contemporains, scandinaves ou zen. Il se peint, se teinte et se vernis sans difficulté. En cloison intérieure, il apporte une texture organique qui tranche avec le béton ou le plâtre.

Les inconvénients à peser avant de se lancer

Le bambou comporte plusieurs limites qu'il vaut mieux anticiper :

  • Sensibilité à l'humidité : sans traitement adapté, le bambou peut se dégrader rapidement au contact prolongé de l'eau. Une cloison dans une salle de bain ou une cuisine humide nécessite un traitement préventif au borate de sodium ou un traitement thermique.
  • Vieillissement de la couleur : exposé aux UV ou à la lumière directe, le bambou vire progressivement vers des teintes grisées. À l'intérieur c'est plus rare, mais les pièces très lumineuses peuvent accélérer ce phénomène.
  • Prix plus élevé que le bois résineux : à prestation équivalente, le bambou revient plus cher qu'un pin ou un épicéa. Il reste moins onéreux que l'acier ou le béton, mais son coût peut surprendre si on le compare au bois de construction courant.
  • Importation lointaine : la quasi-totalité du bambou de construction vendu en France provient d'Asie (Chine, Vietnam, Indonésie). Le bilan carbone du transport atténue partiellement ses avantages écologiques à la production.
  • Transformation chimique : la filière industrielle du bambou laminé utilise de la soude et du sulfure d'hydrogène dans ses process. Des certifications existent (FSC, Cradle to Cradle), à vérifier lors de l'achat.

Quel traitement pour une cloison en bambou durable ?

Le bambou brut peut durer jusqu'à 20 ans sans traitement dans des conditions sèches et abritées. Pour des cloisons exposées à l'humidité ou à des variations hygrométriques importantes, trois options s'offrent à vous :

  1. Traitement chimique par trempage : le bambou est imprégné d'une solution de borate de sodium ou d'acide borique, qui le protège contre les insectes et la pourriture
  2. Traitement thermique : chauffage contrôlé qui élimine l'humidité résiduelle et densifie les fibres (sans produit chimique)
  3. Finition de surface : application d'une huile ou d'un vernis spécial bambou, à renouveler tous les 2 à 3 ans selon l'exposition

Pour une cloison intérieure standard dans un espace sec, un simple vernis suffit à préserver l'aspect naturel du bois sur le long terme.

Le bambou reste un choix pertinent pour les cloisons décoratives et les séparations légères, à condition de choisir un produit certifié et traité correctement. Sa résistance mécanique et son rendu visuel en font une alternative sérieuse au bois classique, avec quelques précautions à prendre côté humidité et entretien.

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