Bardage fibrociment : comment poser les lames étape par étape

Poser un bardage fibrociment, ça s’apprend. Le matériau est plus lourd que le bois, la découpe demande une lame adaptée, mais la logique de pose reste accessible à un bricoleur confirmé. Voici comment s’y prendre, sans raccourci.

Ce qu’il faut savoir avant de commencer

Le matériau et ses contraintes

Le fibrociment est un composite minéral : ciment, silice, cellulose, adjuvants. Sans amiante dans les produits actuels. Il ne pourrit pas, ne rouille pas, résiste au gel et au feu. Sa durée de vie dépasse 50 ans. En contrepartie, il est lourd (une lame de 3,60 m pèse environ 8 kg) et produit des poussières fines à la découpe : un masque FFP2 et des lunettes sont obligatoires.

Les lames se livrent peintes en usine ou brutes à peindre. Quand vous découpez une lame peinte en usine, les chants sont à repeindre avec la peinture du fabricant.

Outils et fournitures

  • Perceuse-visseuse avec couple réglable
  • Scie sauteuse ou scie radiale avec lame diamant à jante continue (peu de dents : 4 à 6)
  • Niveau à bulle, cordeau à poudre, règle de maçon
  • Vis inox tête fraisée 4 × 35 mm (ou clous annelés inox Ø 2,3 × 35 mm)
  • Tasseaux bois 65 × 50 mm, classe II minimum
  • Profilés aluminium (départ, angles, encadrements)
  • Grille de ventilation (cornière perforée)
  • Bandes plastiques pour joints verticaux, mastic acrylique

Coût estimé : 40 € par m² tout compris, dont 25 à 30 € pour les lames seules. Rendement : 30 à 40 m² par journée à deux.

Monter l’ossature en tasseaux

L’ossature est perpendiculaire aux lames. Pour une pose horizontale classique, les tasseaux sont verticaux.

Fixez-les sur le mur tous les 60 cm maximum, directement dans la maçonnerie ou dans le bois de structure. En cas de pose sur isolant rapporté, utilisez des équerres réglables prévues à cet effet. Commencez par les angles sortants et rentrants puis remplissez l’espacement intermédiaire.

Vérifiez le plan de façade au niveau et à la règle. Un tasseau mal aligné se paie sur toute la hauteur du bardage.

Comment poser le bardage fibrociment lame par lame ?

Départ bas et profilés de finition

Traitez d’abord tous les points singuliers avant de toucher aux lames :

  • Grille de ventilation : cornière perforée vissée en about des tasseaux, à 15 cm du sol minimum. Elle laisse passer l’air, bloque les rongeurs.
  • Profilé de départ : vissé à l’horizontale au ras des tasseaux, il donne l’inclinaison correcte à la première lame.
  • Profilés d’angle : vissés tous les 30 cm sur les chevrons doublés aux angles sortants et rentrants.

Fixation et chevauchement des lames

La pose se fait de bas en haut. La première lame est la plus importante : si elle est de travers, tout l’est.

Calé contre le profilé d’angle, posez le premier clin en appui sur le profilé de départ. Fixez une vis par tasseau, à 15 mm du bord supérieur de la lame. Réglez le couple de la visseuse pour ne pas éclater le fibrociment.

Le recouvrement d’une lame sur l’autre est de 25 à 40 mm (30 mm en standard). Cet empilage assure l’étanchéité sans joint. Tracez au cordeau à poudre les lignes de pose sur les tasseaux de départ et d’arrivée : l’intervalle visible entre lames est de 16 cm environ. Contrôlez l’horizontale tous les trois à quatre rangs avec le niveau.

Aux jonctions bout à bout, évitez les joints verticaux. Si vous ne pouvez pas faire autrement, coupez la lame sur l’aplomb d’un tasseau et glissez une bande plastique derrière pour éviter les infiltrations. Appliquez un mastic acrylique en surface.

Découpe et points singuliers

Pour les coupes droites, une scie radiale avec disque diamant donne le résultat le plus net. La scie sauteuse convient pour les découpes de forme. Dans les deux cas, coupez en extérieur, face à peindre vers le bas pour limiter l’éclatement.

Pour éviter les nuages de poussière sur un chantier plus modeste, les cisailles pneumatiques ou grignoteuses sont une alternative : pas de poussière, découpe propre mais plus lentes.

Les encadrements de baies (fenêtres, portes) se traitent avec des profilés sur mesure en aluminium laqué ou acier galvanisé. Ils doivent recouvrir la maçonnerie, l’isolant, les tasseaux et les lames, tout en laissant circuler l’air.

Ventilation et étanchéité : les deux points qui font tenir le chantier

La lame d’air est obligatoire. L’épaisseur des tasseaux (5 cm minimum) détermine cet espace. L’air entre par la grille en bas, circule derrière les lames et s’échappe en haut. Sans cette ventilation, l’humidité s’accumule et attaque la structure bois derrière.

L’étanchéité repose sur deux éléments : le chevauchement des lames et les bandes plastiques sous les joints verticaux. Le mastic acrylique vient compléter aux jonctions en about. Laissez toujours un jeu de dilatation de 20 mm environ entre la dernière lame et la sous-face de toit.

Le fibrociment travaille peu mais le jeu thermique existe. Un joint trop serré finit par faire éclater la lame ou soulever le profilé.

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